Créer des problèmes là où il n'y en a pas
La consultation relative à l'ordonnance sur les éléments d'identification individuels et les dispositifs de sécurité figurant sur l'emballage des médicaments à usage humain est ouverte jusqu'au 27 août 2025 auprès de Office fédéral de la santé publique OFSP). L'introduction de dispositifs de sécurité obligatoires sur les emballages des médicaments, OFSP par OFSP , semble à première vue poursuivre un objectif louable : renforcer la sécurité des patients. Mais à y regarder de plus près, cette mesure s'avère être une charge inutile, voire une véritable aberration pour le marché suisse. Après tout, le Conseil fédéral lui-même confirme qu’aucun médicament contrefait ne circule dans nos circuits de distribution officiels. Alors pourquoi tout cet effort ? On ne peut s’empêcher de soupçonner que les réglementations de l’UE sont ici reprises sans tenir compte des réalités locales.
Les répercussions économiques de cette réglementation seraient considérables. Ce sont surtout les entreprises qui produisent en Suisse et pour la Suisse qui seraient pénalisées. Les fabricants locaux devraient s’attendre à des coûts ponctuels compris entre 1,5 et 6 millions de francs, auxquels s’ajouteraient des surcoûts de 15 à 60 centimes par boîte. De plus, ces surcoûts ne seraient même pas compensés. Pour bon nombre de produits dont le prix départ usine est aujourd’hui inférieur à 1,50 franc, cette charge supplémentaire pourrait signifier la fin économique. Conséquence logique : ces médicaments disparaîtraient du marché et les pénuries s’aggraveraient.
C'est pourquoi il est impératif que les médicaments en vente libre, et en particulier les médicaments de médecine complémentaire et les phytomédicaments, soient exemptés de cette obligation. Sinon, la diversité des médicaments continuera d'être menacée et ce sont les patients qui en feront les frais. Nous avons besoin d'une approche pragmatique qui respecte les spécificités suisses, et non d'un nouveau monstre bureaucratique coûteux.