Une indication restrictive, un obstacle ?

Diverses préparations à base de plantes sont aujourd’hui disponibles sous forme de phytothérapies modernes. Leur autorisation est régie par la loi sur les produits thérapeutiques. L’article 14 prévoit une simplification de la procédure lorsque cela est compatible avec les exigences de qualité, de sécurité et d’efficacité. L’indication demandée est accordée conformément à l’état actuel des connaissances scientifiques, tel qu’il est notamment exposé dans les monographies. Ainsi, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a élaboré plus de 150 monographies sur les plantes. Malgré ces progrès et une littérature abondante, il semble contradictoire que le nombre de médicaments à base de plantes autorisés en Suisse ait pratiquement diminué de moitié en un peu plus de dix ans (passant de 790 à 413 entre 2009 et 2022). Les raisons possibles sont nombreuses : des exigences trop strictes de la part des autorités et des services d'inspection, des baisses de prix imposées par l'OFSP. Tout cela entraîne une pression sur les coûts. En conséquence, les petites gammes de produits ne peuvent plus être fabriquées de manière rentable. Les plantes médicinales sont des mélanges complexes de substances aux effets variés. C'est le cas, par exemple, de la gentiane jaune, qui peut être utilisée comme amérisant en cas de troubles digestifs, mais qui est aussi traditionnellement employée pour traiter la fatigue et l'épuisement. C'est précisément cette diversité et cette capacité d'adaptation qui rendent les préparations phytothérapeutiques si intéressantes pour les médecins et les patients. Or, la réalité réglementaire ne rend pas justice à cette approche systémique. Elle impose des limites strictes à l'indication, qui doit être formulée de manière spécifique et étroitement délimitée. Une mesure délibérée visant à affaiblir l'attrait des plantes médicinales ?

Herbert Schwabl,
, président de la SVKH

Chronique « Complémentaire » du Bulletin Astrea n° 11/2023

Retour
Retour

Pharmacie et pharmacothérapie durables

Continuer
Continuer

Phytothérapie : prête pour l'avenir ?